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Promouvoir la Coopérative Agricole c’est redonner du Tonus aux Paysans du Nord-Kivu

Promouvoir la Coopérative Agricole c’est redonner du Tonus aux Paysans du Nord-Kivu

Distribution d’intrants agricoles aux membres des coopératives accompagnées par ACPDI

Contexte et promotion coopérative par ACPDI :
La province du Nord-Kivu, riche en ressources agricoles, est confrontée à des défis majeurs tels que l’insécurité chronique, la pauvreté, le manque d’infrastructures et l’accès difficile aux marchés. Ces facteurs affaiblissent considérablement les agriculteurs, qui opèrent souvent de manière isolée, ce qui limite leur pouvoir de négociation, leur accès au financement et leur capacité à investir dans des pratiques agricoles modernes.
ACPDI (« Actions des Communautés Paysannes pour le Développement Intégré ») a comme mode opératoire de structurer des Communautés Paysannes qui à la longue deviennent des Coopératives Agricoles susceptibles de revitaliser le secteur agricole et autonomiser les membres. Nous membres de ACPDI, remercions nos partenaires « ZOA-RDC » et « WHH : Welt Hunger Hilfe » qui respectivement depuis 2015 et 2023 à partir des acquis des projets réalisés en synergie, ACPDI est parvenu à initier d’abord 6 coopératives agricoles  en zones de santé de Lubero et Alimbongo et 6 autres coopératives agricoles en zone de santé de Masereka qui sont toutes reconnues par l’autorité du territoire de Lubero sous Acte de reconnaissance officielle No5072/007/AMT-L/T16s/2024 tenant lieu d’autorisation de fonctionnement provisoire à faveur des coopératives agricoles de développement sectionnées par village à travers le territoire de Lubero signé le 25/04/2024 par l’Administrateur Militaire du territoire Colonnel DSD Kiwewa Mitela Alain.
En zone de santé de Lubero et Alimbongo fonctionnent les coopératives ci-après :
Coopérative Agricole pour le progrès-Vusanza, COOAPRO en sigle : 36 membres
Coopérative Agricole pour le développement paysan-Kaviseghe, COOADP en sigle : 29 membres.
Coopérative Maendeleyo de Kikara COOMAKI en sigle : 38 membres
Coopérative Agricole pour le développement de Mumole, COOPADEM en sigle : 44 membres
Coopérative Agricole et d’éleveurs de Kitsombiro, COOAEKI en sigle : 34 membres.
Coopérative Agricole Tusaidiyane-Katondi, COOAT-K en sigle : 22 membres.
En zone de santé de Masereka fonctionnent les coopératives ci-après :
Coopérative agricole Muyisa   COOAGRIMU en sigle de Kalambo : 42 membres
Coopérative agricole Salama COOASAL en sigle de Masereka : 56 membres.
Coopérative Asante pour le développement agricole COOADA en sigle de Nyabili : 40 membres.
Coopérative agricole COOAGRIT en sigle de Kaniyi : 33 membres
Coopérative agricole et de développement de Magheria COOADMA en sigle : 24 membres.
Coopérative agricole de développement de Lukanga COOADL en sigle : 27 membres

Appui en intrants agricoles de la Division provinciale de l’agriculture aux 12 coopératives agricoles initiées par ACPDI :
Pour préparer la saison agricole 2024-2025, il a été signé conjointement un protocole de collaboration entre ACPDI et le Ministère Provincial de l’agriculture et Sécurité Alimentaire et Avenant signé respectivement le 10 /12/2024 et le 28/12/2024. Intrants rendus disponibles à ACPDI : 12500 mètres linéaires des boutures de manioc (variétés Mayombe, Sawasawa, Nabana), 250 kg de haricot Kablangiti, 4500 kg de Mais RM 625 et 286 houes.
Appui financier de la FOPOC à la Coopérative Agricole pour le développement de Mumole, COOPADEM

La Coopérative Agricole pour le développement de Mumole, COOPADEM en sigle a reçu un appui de 300$ pour renforcer son capital d’affaire. Cependant la guerre entre les forces loyalistes et les rebelles M23 n’a pas permis de réaliser les résultats tels que prévus. Cette situation de guerre a impacté négativement sur le résultat de toutes les coopératives.

L’importance d’une coopérative agricole au Nord-Kivu
Dans une province comme le Nord-Kivu, où l’agriculture est l’épine dorsale de l’économie pour la majorité de la population, les coopératives agricoles sont des outils essentiels pour le développement rural. Elles permettent de :
Renforcer le pouvoir des agriculteurs : L’union fait la force. En se regroupant, les paysans augmentent leur pouvoir de négociation, que ce soit pour l’achat d’intrants (semences, outils) ou pour la vente de leurs produits. Cela leur permet de contourner les intermédiaires qui exploitent souvent leur isolement.
Améliorer les conditions de vie : Les coopératives ne se limitent pas à l’aspect économique. Elles peuvent aussi investir dans des projets communautaires comme la construction de centres de santé, d’écoles ou de micro-centrales électriques, améliorant ainsi la vie de tous les membres et de leurs familles.
Faciliter l’accès aux services : Les coopératives peuvent mettre en commun des équipements coûteux (tracteurs, moulins) et offrir des services de formation aux techniques agricoles modernes, à la gestion financière et à la commercialisation. Elles peuvent aussi faciliter l’accès au crédit et à d’autres services financiers.
Contrôler la chaîne de valeur : En s’organisant, les agriculteurs peuvent collectivement gérer la production, la transformation et la commercialisation de leurs produits. Cela leur permet de s’assurer de la qualité et d’obtenir de meilleurs prix en ciblant des marchés plus rémunérateurs.
Exigences et principes d’une coopérative
Une coopérative n’est pas une simple association. Elle repose sur des principes fondamentaux qui garantissent son succès et sa pérennité.
Ses exigences
Engagement des membres : Les membres doivent être prêts à participer activement à la vie de la coopérative, que ce soit par leur travail, leurs contributions financières ou leur participation aux décisions.
Gouvernance saine : Une gestion transparente et responsable est cruciale pour gagner et maintenir la confiance des membres.
Planification stratégique : Il est nécessaire d’avoir une vision claire des objectifs, des activités et des marchés à cibler.
Viabilité économique : La coopérative doit être capable de générer des revenus pour ses membres et de se développer de manière autonome, en réinvestissant une partie de ses bénéfices.
Ses principes
Les principes coopératifs sont reconnus mondialement. Ils sont au nombre de sept, parmi lesquels les plus importants sont :
Adhésion volontaire et ouverte à tous : Toute personne répondant aux critères peut rejoindre la coopérative, sans discrimination.
Pouvoir démocratique des membres : Chaque membre a une voix, quel que soit son investissement financier.
Participation économique des membres : Les membres contribuent au capital de la coopérative et en perçoivent une part équitable des bénéfices.
Autonomie et indépendance : La coopérative est gérée de manière autonome par ses membres.
Éducation, formation et information : La coopérative forme ses membres pour qu’ils puissent contribuer efficacement à son développement.
Le rôle de l’ACPDI et les défis au Nord-Kivu
L’ACPDI (Actions des Communautés Paysannes pour le Développement Intégré) est une organisation qui vise à améliorer les conditions de vie des ménages paysans au Nord-Kivu. Son approche d’auto-prise en charge, via des groupes coopératifs, est un levier de développement local.
Cependant, le contexte du Nord-Kivu présente des défis majeurs qui impactent directement les coopératives agricoles :
Insécurité persistante : Les conflits armés, les déplacements massifs de population et les exactions des groupes armés perturbent gravement les activités agricoles, détruisent les infrastructures et rendent l’accès aux champs extrêmement dangereux.
Accès aux terres : Les conflits fonciers sont fréquents et constituent un frein à l’investissement et à la productivité agricole.
Infrastructures défaillantes : L’état des routes et le manque de moyens de transport rendent difficile l’acheminement des produits vers les marchés.
Absence de l’État : La faible présence de l’État dans certaines zones crée un vide institutionnel, laissant les communautés sans protection et sans accès aux services de base.
Changement climatique : Les phénomènes météorologiques extrêmes affectent les récoltes et la sécurité alimentaire.
Pistes de solutions et perspectives pour l’ACPDI
Pour surmonter ces défis, des solutions adaptées et une vision claire sont nécessaires.
Pistes de solutions
Prioriser la sécurité alimentaire : En plus de la production de produits commercialisables, il est essentiel de se concentrer sur les cultures vivrières pour garantir la sécurité alimentaire des membres.
Diversifier les sources de revenus : Encourager des activités non agricoles, comme la transformation des produits, l’artisanat ou l’élevage, peut réduire la dépendance à l’agriculture et offrir une plus grande résilience.
Développement de partenariats : Collaborer avec d’autres organisations locales, nationales et internationales est crucial pour obtenir un soutien technique, financier et humanitaire.
Plaidoyer et sensibilisation : La coopérative doit pouvoir plaider en faveur des intérêts des agriculteurs auprès des autorités locales et de la communauté internationale pour la sécurité et le développement.
Innovations technologiques : L’utilisation de technologies agricoles adaptées et de l’agro-écologie peut améliorer la productivité de manière durable et résiliente face aux changements climatiques.
Perspectives pour l’ACPDI
L’ACPDI, en tant que « Lévrier du développement local », a un rôle crucial à jouer. Elle peut :
Renforcer la structuration des communautés : Continuer à former et à accompagner les groupes coopératifs pour qu’ils deviennent des entités solides et autonomes.
Miser sur la transformation locale : Développer des unités de transformation des produits agricoles (par exemple, des moulins à maïs, des usines de café) pour augmenter la valeur ajoutée et créer des emplois.
Promouvoir l’entrepreneuriat rural : Encourager les jeunes et les femmes à s’impliquer dans les activités de la coopérative et à développer leurs propres initiatives économiques.
Renforcer la paix : Les coopératives, en favorisant la solidarité et la prospérité économique, peuvent contribuer à la cohésion sociale et à la pacification des communautés.

Leçons apprises
L’appropriation par les membres des activités des groupes coopératifs impacte positivement le résultat, car chaque membre est mobilisé dans la recherche du marché au compte de la coopérative ;
La mise en place d’un système d’AVEC au service des membres de la coopérative favorise l’esprit entrepreneuriale et l’inclusion sociale ;
L’appui extérieur renforce l’idée d’une gestion participative dans la coopérative.
Les séances de formation des membres des coopératives permettent un changement d’attitude et favorisent l’adoption des innovations.

En somme, les coopératives agricoles au Nord-Kivu, avec le soutien d’organisations comme l’ACPDI, ont le potentiel de transformer les difficultés en opportunités, de redonner de l’espoir et de la dignité aux paysans, et de construire un avenir plus stable et prospère.
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Présenté par Adelard PALUKU KACHELEWA


Image visualisant les membres de la coopérative COOPADEM en plein champs lors de la récolte de pomme de terre.

Photo prise après récolte des pommes de terre des membres du groupe coopératif COOPADEM.

Formation sur les biofertilisants et bio pesticides en faveur des membres de la Coopérative Maendeleyo de Kikara en sigle « COOMAKI »

Formation sur les biofertilisants et bio pesticides en faveur des membres de la Coopérative Agricole pour le développement paysan-Kaviseghe en sigle «  COOADP »


Système de vente groupée après la récolte par les membres des coopératives agricoles initiées par ACPDI

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